Créer du contenu, c'est s'exposer. C'est le principe, et c'est ce qui marche. S'exposer sans protection, c'est ce qui use, et ce qui fait arrêter. Rien ici n'est une obligation : ce sont des filets, à prendre ou à laisser.
Première partie : vous, la personne
Le harcèlement n'est pas « le prix à payer »
On entend souvent que les commentaires haineux font partie du métier. Le harcèlement en ligne est une infraction en France (le Code pénal punit le cyberharcèlement, y compris quand plusieurs personnes s'y mettent sans s'être concertées), et des dispositifs équivalents existent en Belgique et en Suisse. Personne n'a à le supporter en silence.
Votre adresse ne doit jamais sortir
Une créatrice qui reçoit des colis donne son adresse à des dizaines de marques, d'agences et de livreurs. Un jour, une étiquette passe dans une vidéo, ou un nom de rue par la fenêtre, et la vie privée est finie. Ce qui protège : une adresse de réception distincte (boîte postale, point relais, domiciliation), une adresse de domiciliation sur les factures et le statut, possible dans les trois pays, et un œil sur ce qu'on voit derrière soi.
Votre tête
La comparaison permanente, les chiffres qui baissent sans raison, la peur de « ne plus être pertinente », l'impression de devoir répondre à tout le monde tout de suite : ce n'est pas de la faiblesse, c'est la conséquence normale d'un métier où l'on est jugé en public plusieurs fois par jour. Celles et ceux qui durent racontent souvent les mêmes trois choses.
Et si ça glisse, un·e professionnel·le de santé, comme pour n'importe quel métier qui use.
Les arnaques qui visent spécifiquement les créatrices et créateurs
Elles sont rodées, et elles visent les petites audiences parce qu'on leur a moins appris à se méfier.
Deuxième partie : vous, l'entreprise
Ce que dit la loi, pays par pays
En France, depuis la loi du 9 juin 2023 sur l'influence commerciale, tout contenu rémunéré, en argent ou en nature (produit, voyage, service), doit porter une mention claire et visible, « publicité » ou « collaboration commerciale », pendant toute la durée du contenu. Certaines promotions sont interdites ou strictement encadrées : chirurgie esthétique, produits financiers risqués et crypto-actifs hors cadre, jeux d'argent auprès des mineurs, abonnements à des pronostics sportifs, produits de nicotine. Un contrat écrit est obligatoire au-delà d'un montant fixé par décret (1 000 € hors taxes), avec les mentions prévues (identité des parties, mission, rémunération, droits cédés, durée) ; un décret entré en vigueur en janvier 2026 a précisé ce contenu. Les sanctions peuvent aller jusqu'à 300 000 € d'amende et deux ans d'emprisonnement dans les cas les plus graves. Dans la pratique, ça tient en trois réflexes : la mention, le contrat, et éviter les secteurs interdits.
En Belgique, l'obligation d'identifier clairement la publicité découle du Code de droit économique, et le SPF Économie a publié des lignes directrices spécifiques aux influenceurs, complétées par les recommandations du Jury d'éthique publicitaire : mention explicite (« publicité », « reclame », « collaboration commerciale ») lisible sans effort. Dès que l'activité devient régulière, elle suppose une inscription à la Banque-Carrefour des Entreprises et un statut d'indépendante, complémentaire ou principale.
En Suisse, il n'y a pas de loi spécifique aux influenceurs, mais la loi contre la concurrence déloyale interdit la publicité dissimulée, et la Commission suisse pour la loyauté a édicté une directive sur la communication commerciale des influenceurs : tout avantage matériel reçu doit être signalé. Les revenus de création s'ajoutent à votre déclaration, et dès 2 300 francs par an de revenu indépendant, vous vous annoncez à la caisse de compensation de votre canton.
Le contrat, ou les trois clauses qui coûtent cher
La plupart des contrats sont écrits par la marque, pour la marque. Ce n'est pas malhonnête, c'est normal. Trois clauses méritent d'être lues avant de signer, et toutes se négocient : une marque sérieuse s'y attend.
Ce que vous possédez
Ce que vous créez vous appartient, dès la création, sans formalité : c'est le droit d'auteur, dans les trois pays. Une marque n'a le droit d'utiliser votre contenu que dans les limites de ce que vous lui avez cédé par écrit. À l'inverse, vous ne pouvez pas utiliser librement la musique, les images ou le visage des autres : une musique dans une vidéo commerciale demande une licence (les bibliothèques « commerciales » des plateformes existent pour ça), et filmer quelqu'un de reconnaissable dans un contenu sponsorisé demande son accord.
Séparer
La séparation, c'est ce qui permet de savoir à tout moment ce qui est à soi, et de dormir.
Une assurance, dès que ça devient sérieux
Une responsabilité civile professionnelle couvre les dommages que l'activité peut causer à des tiers : un produit recommandé qui pose problème, une image utilisée sans droit, une erreur dans un contenu. Quelques dizaines d'euros ou de francs par mois, utile dès qu'on signe avec des marques structurées. Le mot à dire à l'assureur : « création de contenu et influence ».
La partie « entreprise », Makollabe la fait avec vous.
Mention cochée sur chaque collab, contrats relus avec les trois clauses surlignées, factures conformes à votre pays, statut étape par étape, et ce qu'il faut mettre de côté calculé automatiquement. La partie « personne », elle, vous appartient. Mais personne n'est obligée de la faire seule.
Découvrir MakollabeSources et repères. France : loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l'influence commerciale ; ce qui change en 2026 (décret sur les contrats d'influence) ; signalement de contenus illicites sur internet-signalement.gouv.fr (PHAROS) ; numéro 3018 contre les violences numériques. Belgique : lignes directrices du SPF Économie sur le marketing d'influence et recommandations du Jury d'éthique publicitaire. Suisse : loi fédérale contre la concurrence déloyale et directive de la Commission suisse pour la loyauté sur la communication commerciale des influenceurs. Cet article donne des informations générales, vérifiées à la date de publication ; il ne remplace pas l'avis d'un·e avocat·e, d'une fiduciaire ou d'une comptable pour votre situation.