En bref
En France, un produit offert en échange d'un contenu est un avantage en nature : c'est de l'influence commerciale au sens de la loi du 9 juin 2023. Tu dois afficher la mention « collaboration commerciale » ou « publicité », la valeur du produit compte dans le seuil de 1 000 € HT au-delà duquel un contrat écrit est obligatoire (depuis le 1er janvier 2026), et le guide du ministère de l'Économie indique que cet avantage doit être déclaré à sa valeur réelle, dès le premier euro.
Est-ce qu'un produit offert contre une vidéo, c'est de l'influence commerciale ?
Oui, dès qu'une contrepartie est attendue. La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 définit l'influence commerciale comme le fait de mobiliser sa notoriété, à titre onéreux, pour promouvoir des biens ou des services. Le guide de bonne conduite du ministère de l'Économie (janvier 2026) précise que la contrepartie peut être « une contrepartie financière ou un avantage en nature », par exemple « un produit, un voyage ».
La crème envoyée « pour te faire découvrir », le séjour offert « si tu peux poster », le code promo avec commission : tout cela relève de l'influence commerciale. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle : ton travail est reconnu comme du travail.
Première conséquence : la mention obligatoire. Tu dois indiquer le caractère commercial du contenu « d'une manière qui ne laisse aucune interprétation », avec « publicité » ou « collaboration commerciale », de façon claire et lisible. Son absence est une pratique commerciale trompeuse, punie jusqu'à deux ans de prison et 300 000 € d'amende.
Est-ce que le gifting compte dans le seuil des 1 000 € du contrat écrit ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2026 (décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025), un contrat écrit est obligatoire entre l'annonceur (ou son agence) et la créatrice ou le créateur de contenu à partir de 1 000 € HT. Le guide de bonne conduite précise comment ce seuil s'apprécie :
- pour un même annonceur ;
- pour un même objectif promotionnel ;
- en cumulant « la somme des rémunérations versées et la valeur des avantages en nature » ;
- sur une même année civile.
Exemple : une marque t'envoie en mars un sac d'une valeur de 450 €, puis te propose en septembre 600 € pour un reel sur la même gamme. Le cumul atteint 1 050 € : le contrat écrit devient obligatoire, avec les parties, la liste des contenus, la rémunération (produits compris) clairement précisée, les autres droits et obligations comme les droits d'utilisation, et l'application du droit français.
En dessous du seuil, un écrit reste vivement conseillé : un mail récapitulatif (produit, valeur, nombre de contenus, dates, droits d'utilisation) protège les deux parties. Dans Makollabe, tu entres la proposition de gifting et tu obtiens la réponse et le récapitulatif à renvoyer à la marque.
Est-ce que je dois déclarer un produit offert aux impôts ?
C'est la question la plus sensible, alors restons précis sur ce qui est écrit. Le guide de bonne conduite indique, au point 8, que « les avantages en nature reçus dans le cadre de l'activité d'influence commerciale doivent être déclarés dès le premier euro dans la même catégorie que le reste des revenus », et que « la valeur de l'avantage en nature correspond à la valeur réelle du bien ou du produit », déterminable par le prix moyen de marché ou la valeur indiquée au contrat.
Un produit offert contre un contenu est donc en principe un revenu professionnel imposable, à déclarer avec ton chiffre d'affaires de l'année où tu l'as reçu. Ce que le guide ne détaille pas, et que nous ne trancherons pas ici : les produits de faible valeur, les envois non sollicités sans contrepartie, les produits renvoyés. Parles-en avec un comptable qui connaît le secteur, et tiens un tableau de suivi : date, marque, produit, valeur, contenu réalisé.
Réflexe simple : demande toujours la valeur du produit par écrit (c'est aussi ce qui alimente le seuil des 1 000 €) et conserve ce tableau avec tes factures.
Comment répondre à une proposition de gifting ?
Tu n'as pas à choisir entre « accepter en silence » et « refuser sèchement ». La bonne réponse pose ton cadre et laisse la porte ouverte :
« Merci beaucoup pour ta proposition, j'aime vraiment [la marque / le produit]. Pour être transparente : je ne réalise pas de contenu contre produit seul, parce qu'une vidéo publiée avec la mention « collaboration commerciale » est une prestation. Je peux te proposer un format simple à [tarif] € HT, produit inclus, avec les droits d'utilisation sur [durée]. Si tu préfères m'envoyer le produit sans attente de publication, avec plaisir, et je partagerai si j'en ai envie. Je t'envoie ma grille si tu veux qu'on avance. »
Cette réponse remercie, explique la règle (mention obligatoire = travail) et propose deux chemins. Beaucoup de marques ont un budget « produit » et un budget « créateurs » séparés : tu aides ton interlocutrice ou interlocuteur à basculer vers le bon.
Si le produit t'intéresse vraiment, dis-le tout aussi clairement, en posant le périmètre :
« Ok pour recevoir le produit et faire une story si j'aime, sans engagement de contenu ni de date. Peux-tu me confirmer sa valeur pour ma comptabilité ? »
Quand accepter un gifting, quand refuser ?
Le gifting n'est pas un piège en soi. C'est un outil, pertinent dans certaines situations et pas dans d'autres.
Accepter peut avoir du sens quand :
- tu débutes et tu as besoin d'exemples de contenus de marque pour ton media kit ;
- le produit a une valeur réelle proche de ce que tu facturerais, et tu l'aurais acheté toi-même ;
- la marque n'impose ni format, ni date, ni droit d'utilisation : tu restes libre ;
- c'est la première étape d'une relation, et la marque parle ouvertement d'un budget à venir.
Refuser, ou requalifier, est plus sage quand :
- la marque envoie un brief détaillé (formats, nombre de contenus, dates, validation, hashtags) : c'est une prestation, elle a un prix ;
- elle veut réutiliser ton contenu sur ses réseaux, son site ou ses publicités : les droits d'utilisation se facturent toujours ;
- la valeur du produit est faible par rapport au temps de production demandé ;
- tu enchaînes les giftings et ton fil devient une vitrine sans revenu.
Tu ne dois rien à personne pour un colis reçu. Et accepter un gifting n'est pas une faute : c'est juste, ce jour-là, une autre monnaie.
Comment transformer un gifting en collaboration payée ?
Le marché va dans ton sens. Selon l'étude Reech 2026, la rémunération financière est « désormais la norme », proposée par 86 % des agences et 68 % des marques, et le simple envoi de produits est « en net recul ». Demander un tarif n'est pas une exception : c'est le standard.
- Fais du gifting un test, pas un modèle. Si tu acceptes un produit, livre un contenu soigné, puis envoie tes résultats (vues, enregistrements, clics) avec ta grille tarifaire pour la suite.
- Propose une offre d'entrée. Un format court, produit inclus, à un tarif accessible mais réel : la marque passe de « gratuit » à « payé » sans saut de budget.
- Sépare le produit et la prestation. Dans ton devis, le produit apparaît comme un avantage en nature à sa valeur ; la création et les droits d'utilisation ont leur propre ligne.
- Demande le contrat écrit dès que tu approches des 1 000 € cumulés avec cette marque : c'est la loi, et c'est le moment où la relation devient sérieuse.
Une marque qui t'apprécie pour un contenu offert t'appréciera davantage avec un cadre clair.
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Questions fréquentes
Un produit offert contre une story, est-ce une collaboration commerciale ?
Oui. Le guide de bonne conduite du ministère de l'Économie (janvier 2026) indique que la contrepartie de l'influence commerciale peut être un avantage en nature, comme un produit ou un voyage. La mention « collaboration commerciale » ou « publicité » est alors obligatoire.
Faut-il un contrat écrit pour un gifting ?
Il devient obligatoire quand le cumul des rémunérations et de la valeur des produits offerts par un même annonceur, pour un même objectif promotionnel et sur une même année civile, atteint 1 000 € HT (décret n° 2025-1137, depuis le 1er janvier 2026). En dessous, un mail récapitulatif est conseillé.
Doit-on déclarer aux impôts un produit reçu gratuitement d'une marque ?
Selon le guide du ministère de l'Économie, les avantages en nature reçus dans le cadre de l'influence commerciale doivent être déclarés dès le premier euro, à leur valeur réelle, dans la même catégorie que les autres revenus. Les cas particuliers (produits non sollicités, faible valeur) sont à vérifier avec un comptable.
Les marques paient-elles encore les créatrices de contenu uniquement en produits ?
De moins en moins. Selon l'étude Reech 2026, la rémunération financière est proposée par 86 % des agences et 68 % des marques, et l'envoi de produits seul est en net recul.
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Découvrir MakollabeSources
- Guide de bonne conduite Influence commerciale — economie.gouv.fr (janvier 2026) — Établit que l'avantage en nature (produit, voyage) est une contrepartie de l'influence commerciale, la mention obligatoire, le seuil de 1 000 € HT apprécié par annonceur et par an en cumulant rémunération et avantages en nature, et la déclaration des avantages en nature à leur valeur réelle dès le premier euro.
- economie.gouv.fr — Influenceurs : quels sont mes devoirs ? — Obligation d'indiquer le caractère commercial du contenu (« publicité » ou « collaboration commerciale ») ; sanction de deux ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende.
- Reech — Le marketing d'influence en 2026 : maturité, performance et nouveaux standards — Rémunération financière proposée par 86 % des agences et 68 % des marques ; envoi de produits seul en net recul.